L’Entre-Deux est un projet narratif conçu pour les Creative Awards, un concours créatif sur le campus de l’École Supérieure de Publicité (ESP) de Lyon. Une exploration du temps suspendu, de l’attente et de la tension, racontée sans visages, à travers des images, des silences et un récit sensoriel.


ANNÉE
2024
RÔLE
Storyteller
SERVICES
Storytelling
What's behind?
2h22,
L'Entre-Deux.
Tic. Tac.
Il est 2h05.
Le moment juste avant.
Il y a toujours ce moment, juste avant.
Celui où tout tient encore debout, mais pas vraiment.
Où le bruit n’est pas vraiment un bruit, mais un souffle menaçant, sourd, presque imperceptible.
Moi, je sais déjà.
Je le sens déjà.
Dans mes jambes, dans ma gorge, dans mes mains.
Dans ses mains.
Les premières secondes, je fixe le sol. Je me dis que si je le regarde assez longtemps, je pourrais disparaître en lui. Mais le sol reste le sol. Dur. Solide. Impénétrable. Alors, je lève les yeux. Là-bas, sur le mur, se trouve une pendule. Tic. Tac. Tic. Tac. Deux aiguilles avancent naturellement sans jamais trembler. Sans jamais se douter de ce qui allait se passer.
Tic. Tac.
Il est 2h10.
Le bruit est déjà là.
D’abord, discret, presque un frôlement. Puis, il grandit, s’intensifie. Il s’insinue dans le plancher, grimpe aux murs, s’accroche au plafond. Il monte en puissance, s’impose, dense, oppressant. Pas encore brutal, mais déjà trop proche. Il s’infiltre partout, colonise l’air autour de moi.
Je le sens.
Je le sais.
Mon corps tout entier réagit. Lui aussi, il sait. Il prévoit. Les aiguilles semblent maintenant suspendues, ralenties, tandis que le bruit, lui, ne fléchit pas. Il reste. Il insiste. Toujours plus fort. Toujours plus pressant.
Boum.
Il est 2h18.
C’est là que tout devient flou.
Beaucoup trop flou.
Tout devient prétexte à mesurer ce qui s’étire ou s’effondre autour de moi. Parfois un cri, parfois un bruit sourd. Tout se mêle, comme un mauvais film qu’on n’arrive pas à mettre sur pause. Moi, je reste là, figé, dans l’attente du dénouement. Immobile entre deux mondes. Mon monde. Son monde.
La lumière de la lampe vacille et je compte ses tremblements. Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq. Six. Je compte pour ne pas penser. Sept. Huit. Neuf. Dix. Onze. Douze. Je compte pour ne pas sombrer. Treize. Quatorze. Quinze. Seize. Je compte pour me convaincre qu’à force de compter, ça finira par s’arrêter. Dix-sept. Dix-huit. Dix-neuf. Que le silence reviendra.
Vingt, vingt-et-un.
Vingt-deux.
Il est 2h22.
L’Entre-Deux.
Le moment juste après.
Il y a toujours ce moment, juste après.
Celui où tout reste suspendu. Où tout est encore possible et où tout s’effondre en même temps. Le bruit se dissipe. Tout devient plus calme. La lampe vacille une dernière fois, et là, dans cet espace, une fraction de seconde m’échappe.
Je n’ai plus besoin de compter.
Ce temps qui m’écrase, qui m’enferme, qui me consume, c’est lui. C’est son temps. À chaque tic, son regard qui me glace. À chaque tac, ses mains qui explosent. Le bruit de ses pas, de ses cris, de sa colère. De ses coups, de ses hurlements, de son acharnement. Le temps n’est jamais réellement neutre. Il porte sa violence. Il est son rythme, sa cadence.
Mais plus maintenant.
Le tic-tac de la pendule n’est plus une menace. Le temps qu’il m’a pris ne compte plus. Il ne me contrôle plus. Il est fini, ce temps-là. Tout ce qui m’incombe, c’est ce qui vient. Tout ce qui m’incombe, c’est ce qui reste.
Mon temps.
Je n’ai plus peur de lui.
Je n’ai plus peur du temps.
L’Entre-Deux est un projet narratif conçu pour les Creative Awards, un concours créatif sur le campus de l’École Supérieure de Publicité (ESP) de Lyon. Une exploration du temps suspendu, de l’attente et de la tension, racontée sans visages, à travers des images, des silences et un récit sensoriel.


ANNÉE
2024
RÔLE
Storyteller
SERVICES
Storytelling
What's behind?
2h22,
L'Entre-Deux.
Tic. Tac.
Il est 2h05.
Le moment juste avant.
Il y a toujours ce moment, juste avant.
Celui où tout tient encore debout, mais pas vraiment.
Où le bruit n’est pas vraiment un bruit, mais un souffle menaçant, sourd, presque imperceptible.
Moi, je sais déjà.
Je le sens déjà.
Dans mes jambes, dans ma gorge, dans mes mains.
Dans ses mains.
Les premières secondes, je fixe le sol. Je me dis que si je le regarde assez longtemps, je pourrais disparaître en lui. Mais le sol reste le sol. Dur. Solide. Impénétrable. Alors, je lève les yeux. Là-bas, sur le mur, se trouve une pendule. Tic. Tac. Tic. Tac. Deux aiguilles avancent naturellement sans jamais trembler. Sans jamais se douter de ce qui allait se passer.
Tic. Tac.
Il est 2h10.
Le bruit est déjà là.
D’abord, discret, presque un frôlement. Puis, il grandit, s’intensifie. Il s’insinue dans le plancher, grimpe aux murs, s’accroche au plafond. Il monte en puissance, s’impose, dense, oppressant. Pas encore brutal, mais déjà trop proche. Il s’infiltre partout, colonise l’air autour de moi.
Je le sens.
Je le sais.
Mon corps tout entier réagit. Lui aussi, il sait. Il prévoit. Les aiguilles semblent maintenant suspendues, ralenties, tandis que le bruit, lui, ne fléchit pas. Il reste. Il insiste. Toujours plus fort. Toujours plus pressant.
Boum.
Il est 2h18.
C’est là que tout devient flou.
Beaucoup trop flou.
Tout devient prétexte à mesurer ce qui s’étire ou s’effondre autour de moi. Parfois un cri, parfois un bruit sourd. Tout se mêle, comme un mauvais film qu’on n’arrive pas à mettre sur pause. Moi, je reste là, figé, dans l’attente du dénouement. Immobile entre deux mondes. Mon monde. Son monde.
La lumière de la lampe vacille et je compte ses tremblements. Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq. Six. Je compte pour ne pas penser. Sept. Huit. Neuf. Dix. Onze. Douze. Je compte pour ne pas sombrer. Treize. Quatorze. Quinze. Seize. Je compte pour me convaincre qu’à force de compter, ça finira par s’arrêter. Dix-sept. Dix-huit. Dix-neuf. Que le silence reviendra.
Vingt, vingt-et-un.
Vingt-deux.
Il est 2h22.
L’Entre-Deux.
Le moment juste après.
Il y a toujours ce moment, juste après.
Celui où tout reste suspendu. Où tout est encore possible et où tout s’effondre en même temps. Le bruit se dissipe. Tout devient plus calme. La lampe vacille une dernière fois, et là, dans cet espace, une fraction de seconde m’échappe.
Je n’ai plus besoin de compter.
Ce temps qui m’écrase, qui m’enferme, qui me consume, c’est lui. C’est son temps. À chaque tic, son regard qui me glace. À chaque tac, ses mains qui explosent. Le bruit de ses pas, de ses cris, de sa colère. De ses coups, de ses hurlements, de son acharnement. Le temps n’est jamais réellement neutre. Il porte sa violence. Il est son rythme, sa cadence.
Mais plus maintenant.
Le tic-tac de la pendule n’est plus une menace. Le temps qu’il m’a pris ne compte plus. Il ne me contrôle plus. Il est fini, ce temps-là. Tout ce qui m’incombe, c’est ce qui vient. Tout ce qui m’incombe, c’est ce qui reste.
Mon temps.
Je n’ai plus peur de lui.
Je n’ai plus peur du temps.
L’Entre-Deux est un projet narratif conçu pour les Creative Awards, un concours créatif sur le campus de l’École Supérieure de Publicité (ESP) de Lyon. Une exploration du temps suspendu, de l’attente et de la tension, racontée sans visages, à travers des images, des silences et un récit sensoriel.


ANNÉE
2024
RÔLE
Storyteller
SERVICES
Storytelling
What's behind?
2h22,
L'Entre-Deux.
Tic. Tac.
Il est 2h05.
Le moment juste avant.
Il y a toujours ce moment, juste avant.
Celui où tout tient encore debout, mais pas vraiment.
Où le bruit n’est pas vraiment un bruit, mais un souffle menaçant, sourd, presque imperceptible.
Moi, je sais déjà.
Je le sens déjà.
Dans mes jambes, dans ma gorge, dans mes mains.
Dans ses mains.
Les premières secondes, je fixe le sol. Je me dis que si je le regarde assez longtemps, je pourrais disparaître en lui. Mais le sol reste le sol. Dur. Solide. Impénétrable. Alors, je lève les yeux. Là-bas, sur le mur, se trouve une pendule. Tic. Tac. Tic. Tac. Deux aiguilles avancent naturellement sans jamais trembler. Sans jamais se douter de ce qui allait se passer.
Tic. Tac.
Il est 2h10.
Le bruit est déjà là.
D’abord, discret, presque un frôlement. Puis, il grandit, s’intensifie. Il s’insinue dans le plancher, grimpe aux murs, s’accroche au plafond. Il monte en puissance, s’impose, dense, oppressant. Pas encore brutal, mais déjà trop proche. Il s’infiltre partout, colonise l’air autour de moi.
Je le sens.
Je le sais.
Mon corps tout entier réagit. Lui aussi, il sait. Il prévoit. Les aiguilles semblent maintenant suspendues, ralenties, tandis que le bruit, lui, ne fléchit pas. Il reste. Il insiste. Toujours plus fort. Toujours plus pressant.
Boum.
Il est 2h18.
C’est là que tout devient flou.
Beaucoup trop flou.
Tout devient prétexte à mesurer ce qui s’étire ou s’effondre autour de moi. Parfois un cri, parfois un bruit sourd. Tout se mêle, comme un mauvais film qu’on n’arrive pas à mettre sur pause. Moi, je reste là, figé, dans l’attente du dénouement. Immobile entre deux mondes. Mon monde. Son monde.
La lumière de la lampe vacille et je compte ses tremblements. Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq. Six. Je compte pour ne pas penser. Sept. Huit. Neuf. Dix. Onze. Douze. Je compte pour ne pas sombrer. Treize. Quatorze. Quinze. Seize. Je compte pour me convaincre qu’à force de compter, ça finira par s’arrêter. Dix-sept. Dix-huit. Dix-neuf. Que le silence reviendra.
Vingt, vingt-et-un.
Vingt-deux.
Il est 2h22.
L’Entre-Deux.
Le moment juste après.
Il y a toujours ce moment, juste après.
Celui où tout reste suspendu. Où tout est encore possible et où tout s’effondre en même temps. Le bruit se dissipe. Tout devient plus calme. La lampe vacille une dernière fois, et là, dans cet espace, une fraction de seconde m’échappe.
Je n’ai plus besoin de compter.
Ce temps qui m’écrase, qui m’enferme, qui me consume, c’est lui. C’est son temps. À chaque tic, son regard qui me glace. À chaque tac, ses mains qui explosent. Le bruit de ses pas, de ses cris, de sa colère. De ses coups, de ses hurlements, de son acharnement. Le temps n’est jamais réellement neutre. Il porte sa violence. Il est son rythme, sa cadence.
Mais plus maintenant.
Le tic-tac de la pendule n’est plus une menace. Le temps qu’il m’a pris ne compte plus. Il ne me contrôle plus. Il est fini, ce temps-là. Tout ce qui m’incombe, c’est ce qui vient. Tout ce qui m’incombe, c’est ce qui reste.
Mon temps.
Je n’ai plus peur de lui.
Je n’ai plus peur du temps.